Shamek Farrah, First Impressions, 1974

Ayant pour cadre une Angleterre "joy-divisionesque", cette production britannico-germanique met en scène le voyage à Bristol d’un disc-jockey, remarquablement interprété par David Beames, végétant sur une petite station de radio, suite au suicide de son frère. Ce road-movie jarmuschien ou à la Wim Wenders (qui a produit le film) est ponctué de rencontres : celle de Sting interprétant un musicien bohème vivant dans une caravane près d’une station essence désertée, celle d’une jeune femme allemande venue à la recherche de sa fille de 5 ans. Servi par un noir et blanc contrasté, Radio On s’écoute autant qu’il se regarde. Les sons ambiants, les musiques de Devo, Kraftwerk, David Bowie, Ian Dury, les dialogues forment une véritable pièce sonore extrêmement étudiée. Le personnage principal se heurte à l’indicible de la mort de son frère, et ce film poétique se clos sur une fin ouverte.

Unique disque d’un posse de huit emcees australiens plus allumés les uns que les autres (mention spéciale à MC Pushpigs, le chef de la bande), Genital Warfare pastiche l’horrorcore jusqu’au grotesque. Sur des instrus à peine digne du plus mauvais des films d’horreur des années 80, ces joyeux drilles déversent un flot d’insanités pornographiques et scatologiques sur des titres aussi engageant que "Blood Fart", "Decapitated Fetus Bangin’" ou "Kitty Fucker". Exemple sur "Anal Sucking Fun" : "my dick is a bloody hard motherfucker / I piss on ya tits and fill ya face full of shit / shit reins down fill the street with blood / I’m a maniac shit lickin’ slut"… Le groupe s’est fait remarquer par des apparitions scéniques aux effets dix fois plus cheap que ceux de Toxic Avenger de chez Troma. En un mot : lamentable.